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Histoire de Paris (1/2)

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Histoire de Paris (1/2)


  • Origine du nom
  • Préhistoire
  • Antiquité
  • Moyen Âge
  • La Renaissance
  • Le XVIIème siècle
  • Le XVIIIème siècle


 


Origine du nom

Paris tire son nom du peuple gaulois des Parisii. Le mot Paris est le résultat de la transformation progressive du latin Civitas Parisiorum (la Cité des Parisii), désignation qui l'a emporté sur Lutetica (Lutèce). L'étymologie de Paris est à l'origine de nombreuses interprétations, souvent farfelues, pour glorifier la "plus belle ville du monde".

Les historiens du Moyen Âge, comme le moine Rigord de Saint-Denis ont rattaché la fondation de Paris à la prise de Troie, les Troyens émigrés s'étant alors intallés sur les rives de la Seine et auraient baptisé leur nouvelle cité du nom de Pâris, fils de Priam et amant d'Hélène.

On trouve aussi l'étymologie parisia, "audace" (en grec). Au XVIème siècle, Baptiste de Mantoue écrit dans Vita Sancti Dionysii que les Parisiens sont issus des Parrhasiens, cité d'Arcadie, et compagnons d'Héraclès (Hercule).

Gilles Corrozet dans La Fleur des Antiquités de la plus que noble et triomphante ville et cité de Paris, publié en 1532, estime que Paris doit son nom à un temple d'Isis, déesse égyptienne, dont la statue se situerait à l'église Saint-Germain-des-Prés.


Préhistoire 

L'Île-de-France est occupée par l'Homme depuis au moins 40 000 ans, comme en témoignent les outils en pierre de taille retrouvés lors des travaux de terrassement en bord de Seine. A cette époque, la zone occupée par Paris était marécageuse, en raison notamment d'un changement de lit de la Seine et couverte de forêts.

Les plus spectaculaires découvertes archéologiques in situ ont été faites dans le 12ème arrondissement de Paris, où ont été mis a jour en septembre 1991 les vestiges par les plus anciens de l'occupation humaine permanente. Les fouilles sur la ZAC de Bercy ont permis la découverte des traces d'un habitat permanent de la période chasséenne (entre 4000 et 3800 av. J-C), établi sur la rive gauche de l'ancien bras de la Seine, dévoilant un mobilier archéologique exceptionnel : trois grandes pirogues, un arc en bois, des flèches, des poteries, ainsi que de nombreux outils en os et en pierre.

L'occupation humaine sur le site de Paris remonterait donc à au moins 6000 ans. La présence humaine semble avoir été permanente durant le Néolithique final (3400-1800 av. J-C.), comme l'atteste l'existence de plusieurs mégalithes.

En 2008, un site datant du mésolithique moyen (8000-6500 av. J-C.) a été mis au jour par l'INRAP dans le 15ème arrondissement, à proximité de la Seine et à l'endroit de la rue Henry-Farman (en face de l'héliport). Il a révélé des traces d'occupation par des chasseurs-cueuilleurs nomades. On suppose qu'à l'époque, un bras de la Seine occupait l'emplacement de l'actuelle rue Henry Farman. Le site aurait également été réoccupé plus tard, au néolithique et au premier âge du fer.


Antiquité


Les Parisii, peuple gaulois, sont les maîtres des lieux quand les troupes de César sillonnent le pays. Certains évoquent des dates entre -250 et -200 pour la fondation du Paris des Parisii. Sous le nom d'Oppodum Parisiorium, il servait de place forte aux parissii. La ville n'était alors qu'une agglomération de cabanes et de huttes.

Selon Napoléon III, la Seine et donc, Lutèce servait de séparation entre la Gaule Belgique et la Gaule Celtique et que le territoire relevait des Bellovaques.

La ville est appelée Lucotocia par Strabon et Lucotecia par Ptolémée, en référence au mois gaulois lucotetia signifiant "marais", puis lutetia (traduit plus tard en français par Lutèce) par les Romains. Le rôle de capitale de la Gaule était alors dévolu à Lugdunum (Lyon).

One ne connaît par aujourd'hui avec certitude l'emplacement de la Lutèce Gauloise. On a longtemps pensé que la Lutèce gauloise se trouvait dans l'île de la Cité, mais cette hypothèse est aujourd'hui très discutée. En effet, l'île de la Cité a été complètement fouillée lors des grands travaux d'Haussman et du chantier du métro. La Lutèce Gauloise a très bien pu se situer soit dans l'île Saint-Louis ou dans une autre île, aujourd'hui rattachée à la rive gauche et qui se trouvait en face de l'ôle Saint-Louis (delta Nanterre, à 10 km à l'ouest du centre de Paris), comme l'atteste la découverte en fin 2003, d'une importe cité gauloise d'une quinzaine d'hectares.

L'étymologie celtique du nom de Lutèce, Lutetia, proviendrait de Luh, rivière et de dac ou tec coupé, fleuve coupé.


Moyen Âge



En 508, le Mérovingien Clovis, roi des Francs, s'y établit pour en faire sa capitale suite à sa victoire sur les Romains.
Au VIème siècle, on note la présence d'un lien de culte implanté sur la rive droite : l'église Saint-Gervais (aujourd'hui située derrière l'Hôtel de Ville).
En 987, quand la couronne échoit aux Capétiens, Paris est une des deux grandes villes de leur domaine personnel avec Orléans.
Le pouvoir royal se fixe progressivement à Paris à partir de Louis VI (1108-1137) et plus encore de Philippe Auguste (1179-1223). La cour s'y fixant, Paris devient définitivement la capitale du royaume.

Grâce à sa position privilégiée sur les grandis itinéraires commerciaux, c'est l'activité marchande qui donne son essor à la ville.
La rive droite devient le débouché des grandes routes commerciales : le blé entre par la rue Saint-Honoré, les draps du Nord par la rue Saint-Denis et le poisson de la mer du Nord et de la Manche par la rue des Poissonniers. L'importance de son marché, en liaison avec la foire du Lendit à Saint-Denis, nécessite de la place et son établissement dans un lieu plus dégagé que l'île de la cité : Louis VI l'installe vers 1137 au lieu-dit Les Champeaux, les petits champs ; les Halles de Paris y restent durant plus de huit siècles. En 1121, il accorde le privilège des marchands d'eau. Celui-ci est confirmé et étendu par son fils Louis VII: les marchands parisiens reçoivent le monopole de la navigation fluviale entre Mantes et Paris.
 

En 1252, l'Université de Paris obtient le droit de sceller de son propre sceau, ce qui marque son indépendance. Le renom de l'université attire très vite des étudiants venus de l'occident chrétien tout entier ; ils se rassemblent en « collèges » selon leurs origines. L'importance de la ville augmente, tant sur le plan politique et financier que marchand.

Vers 1328, la population parisienne est estimée par les historiens à environ 200 000 habitants, ce qui est considérable et en fait la cité la plus peuplée d'Europe, Londres ne comptant alors que 40 000 à 50 000 habitants et Moscou moins de 40 000. Mais en 1348, la Peste noire décime la population.

La guerre de Cent Ans est une période de mutation ou le modèle féodal ne permet plus de répondre au besoin de la société. Paris sort profondément ruinée par la guerre, en particulier suite au siège de 1429 imposé à la ville par Jeanne d'Arc qui veut la reprendre aux anglais et à leurs alliés bourguignon. La ville parvient lentement à sortir du marasme de la guerre et la population augmente de moitié entre 1422 et 1500, remontant de cent mille à cent cinquante milles âmes. Une modeste expansion économique reprend vers le milieu du XVe siècle suite à la reconquête de Pontoise en 1441 puis au rétablissement de la navigation sur la Seine et du commerce sur les routes du Nord, voies traditionnelles d'approvisionnement de la ville (Et après la fin de la guerre de Cent Ans en 1453). Mais ce renouveau ne cache pas l'effondrement de la draperie parisienne et du commerce de luxe, victime de l'absence de la Cour. Paris devient une ville administrative et judiciaire et l’immigration provinciale reprend vers 1500.


 Renaissance

La Renaissance italienne n'influence guère la structure de la ville, son développement restant lié aux résidences du roi et de la cour. Aussi le style gothique flamboyant reste-t-il longtemps le style parisien par excellence, tant pour l’architecture civile (hôtel de Cluny, hôtel de Sens) que pour l’architecture religieuse (église Saint-Séverin, église Saint-Étienne-du-Mont) où l'influence de celle-ci n'apparaît que discrètement dans les éléments décoratifs. Progressivement, la monarchie s’inquiète de l'expansion désordonnée de la cité, s’intéresse à son aspect et édicte une première règlementation d’urbanisme. Sa première manifestation importante est l’ordonnance architecturale imposée en 1500 au nouveau pont Notre-Dame, bordé de maisons uniformes de brique et de pierre de style Louis XII.


Le XVIIème siècle

La ville qui atteint les 400 000 habitants ne doit son accroissement démographique durant tout le règne de Louis XIV qu'à l'immigration provinciale, la mortalité l'emportant sur les naissances. La ville est à cette époque misérable et marquée par une forte insécurité, la légendaire cour des miracles est progressivement vidée de ses faux infirmes et mendiants à partir de 1656 par Gabriel Nicolas de La Reynie 57, qui est nommé, en 1667, lieutenant-général de police, devenant le premier titulaire de cette fonction d'ordre public, mais aussi sanitaire, hygiénique, commercial, etc. Le roi choisit Versailles comme résidence en 1677, avant d'y déplacer le siège du gouvernement en 1682, c'est Colbert qui prend en main la politique parisienne et fait la navette entre Paris et Versailles. Il implante l'observatoire, l'hôpital de la Salpêtrière puis l'hôtel des Invalides sur la rive gauche, la seule à disposer des terrains nécessaires. Le faubourg Saint-Germain s'étend jusqu'aux Invalides, le Louvre et les Tuileries sont embellis et la place Vendôme aménagée. Durant tout son règne, le Roi Soleil ne se déplace néanmoins que vingt-quatre fois à Paris, essentiellement à l'occasion de cérémonies officielles, marquant ainsi son hostilité à la cité. Celle-ci est durement ressentie par les Parisiens.

 

Le XVIIIème siècle

C'est le siècle du règne des philosophes et des encyclopédistes et la période des salons littéraires. Le XVIIIe siècle est aussi celui d'une forte expansion économique qui provoque une importante croissance démographique, la ville atteint 650 000 habitants à la veille de la Révolution française.

En 1715, le régent Philippe d'Orléans quitte Versailles pour le Palais-Royal ; le jeune roi Louis XV est installé au palais des Tuileries ce qui marque le retour de la royauté dans Paris mais ce retour n'est qu'éphémère : dès 1722, Louis XV choisit de se réinstaller au château de Versailles rompant la fragile réconciliation avec le peuple Parisien. La forte reprise économique fait la popularité de la Régence.

La ville construite s'étend alors à peu près sur la superficie couverte aujourd'hui par les six premiers arrondissements, le jardin du Luxembourg marquant la frontière occidentale de la ville. Louis XV s'intéresse personnellement à la ville à partir de 1748 ; la place Louis XV, devenue plus tard place de la Concorde, est aménagée de 1763 à 1772. Puis c'est l'église Sainte-Geneviève qui est édifiée (l'actuel Panthéon), le théâtre de l'Odéon, l'école militaire et l'esplanade du Champ-de-Mars. Évolution importante, tous ces édifices font partie de vastes réaménagements urbains qui transforment la physionomie des quartiers qui les entourent. Le cimetière des Innocents, qui accueillait dans le quartier des Halles les dépouilles des morts non identifiés par la morgue du grand Châtelet, est fermé en 1780. En 1785, l'enceinte des Fermiers généraux entoure approximativement les onze premiers arrondissements actuels et n'a pas de vocation militaire : elle n'est édifié que pour imposer le transit des marchandise via les barrières d'octroi, ce qui fait dire aux parisiens avec ironie « Le mur murant Paris rend Paris murmurant ».

En mai 1775, la guerre des farines provoquée par la libéralisation du commerce des grains promulguée par Turgot s'étend à Paris: les boulangeries sont pillées, et les séditieux devant Versailles.


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